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“les médicaments de la rue: ça tue”

16 avril 2008• Catégorie: Monde sanitaire

Le Burkina Faso est un pays enclavé situé au cœur de l’Afrique de l’ouest. Aussi s’est-il vu obliger de développer ses voies de communication essentiellement terrestres, ferroviaires et aériennes afin d’assurer le suivi de ses activités économiques et commerciales. Malheureusement, ces corridors de désenclavement ne servent pas seulement à la circulation des personnes et des biens mais aussi à l’entrée de « médicaments de la rue »

“Les médicaments de la rue ça tue” a beau avertir la centrale nationale du médicament : rien n’y fait. L’invasion de la cité par les médicaments de la rue semble même se renforcer chaque jour davantage malgré les mesures de répression qui aboutissent parfois à la saisie et la destruction de quantités plus ou moins importantes de ces pseudo médicaments. Le phénomène a essaimé le long des grands axes routiers à tel point que de nos jours c’est une multitude de localités d’importance diverses qui sont affectées par ce commerce vénéneux. Compte tenu de leur effet, de leur impact et de leur importance, les médicaments de la rue posent à présent un véritable problème de santé publique.

Les conséquences des médicaments de la rue sont nombreuses sur les populations.

Elles se situent aux niveaux sanitaire, social, professionnel, économique et juridique.

Sur le plan de la santé publique, on a :

l’émergence des résistances aux antibiotiques ;

l’inefficacité des antipaludéens tels la chloroquine (ce produit est devenu inactif pour 30% de la population du Burkina dans le traitement du paludisme)

des intoxications aiguës de toutes natures ;

des atteintes cardiaques, rénales, etc.

Sur le plan social :

les médicaments de la rue (amphétamines, antidépresseurs et autres) seraient à l’origine de la recrudescence de la délinquance et de l’augmentation du grand banditisme et de la criminalité.

Sur le plan professionnel :

faut noter que les produits pharmaceutiques illicites portent atteinte au monopole du pharmacien tel que défini à l’article 220 du code de santé publique. Les faux « pharmaciens » créent des accidents iatrogènes (liés aux non respect des prescriptions du médecin ou du pharmacien), pharmacologiques et développent des résistances inaccoutumées à certains produits.

Sur le plan économique :

une estimation de l’Ordre des pharmaciens révèle que ces produits font perdre 1,3 milliards de francs à l’Etat. « Le commerce des médicaments de la rue est une fraude et comme telle il gène l’économie du Burkina Faso » confie le Dr. Sanon de la Direction générale de la tutelle des hôpitaux publics. Ces produits illicites mettent aussi en péril les structures légales déjà en place, notamment les officines privées et les grossistes répartiteurs qui s’acquittent de leur devoir en matière de fiscalité et génèrent des emplois.

Sur le plan juridique :

le commerce des médicaments de la rue est condamné parce qu’il constitue une entorse aux droits de l’enfant. Cette activité va à l’encontre de la convention 182 du Bureau International du Travail (BIT) sur les pires formes du travail des enfants condamnant notamment l’utilisation, le recrutement ou l’offre d’un enfant aux fins d’activités illicites (trafic de stupéfiants), ratifaÉ par le Burkina le 25 juillet 2001.

Bibliographie : Roger Sawadogo Médicamends de la rue : les rouages d’un trafic ,2006

lire aussi:

http://www.sante.gov.bf/infosprat/medrue.html

Une Réponse »

  1. je chercheun medicament à base desécobarbitalsodique

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