Les enfants de la rue
16 avril 2008• Catégorie: Société•Ils sont nombreux au Burkina Faso ces jeunes et enfants à n’avoir que seule demeure la rue. Généralement postés au niveau des feux tricolores en quête d’une pièce de monnaie pour leur pitance s’ils n’écument pas les marchés et autres gorgottes. les enfants de la rue constituent un groupe vulnérable. Ils sont sources d’insécurité avec des agressions multiformes, corrélées par la recherche des moyens de survivance et la prise de stupéfiants peuvent évoluer vers le grand banditisme. Ils constituent une cible sensible et privilégiée du VIH/SIDA
S’il y a un fléau qui est en train de gagner du terrain sans qu’on ne s’en aperçoive, c’est bel et bien la recrudescence des enfants de la rue qui ne tardent pas à accoster les usagers de la route pour solliciter leur charité. Il n’est un secret pour personne que la rue est le lieu de concentration de tous les maux que connaissent nos sociétés.
Il est pratiquement impossible de circuler librement dans les rues des villes du Burkina sans se faire accoster par des enfants mal habillés, souvent torse nu à la recherche de leur pain quotidien. Issus de familles démunies, ces enfants sont obligés à un certain âge de se débrouiller pour assurer leur survie. La plupart de ces exclus sont victimes de l’éclatement de la famille, certains sont contraints d’emprunter la rue pour échapper à la souffrance dont ils sont victimes dans leur famille. A cela s’ajoutent les enfants issus des écoles coraniques traditionnelles. Les parents confient leurs rejetons sans parfois se soucier de leur lendemain. Ces maîtres coraniques qui passent leur saison hivernale en campagne viennent en ville pendant les saisons sèches et leurs élèves sont obligés de mendier pour assurer leur pitance parce que leur maître ne peut les prendre en charge. Ainsi, ils grossissent le nombre déjà pléthorique des enfants de la rue. La plupart de ces maîtres coraniques et de certains parents pensent que l’enfant doit souffrir pour devenir un homme. L’enfant est soumis à de durs travaux souvent au-dessus de ses capacités.
La situation est en train de gagner du terrain. La question est de plus en plus préoccupante. Et il n’est pas rare de voir des enfants se battre pour des restes de nourriture jetés à la poublelle. Dormant nus avec comme couverture, des restes d’emballages en carton, ces enfants sont prêts à tout, pourvu qu’ils réussissent à gagner quelques pièces d’argent. Pour se rendre compte de l’ampleur du fléau, il suffit d’emprunter certaines avenues de ouaga tôt le matin. Des enfants dorment aux abords des immeubles. Obligés d’assurer leur propre devenir, ces enfants se réfugient dans les stupéfiants et s’adonnent à bien de vices très précocement. Par exemple à la longue, bon nombres deviennent des délinquants. Face à ce problème, la société semble impuissante ou laxiste. Alors bon nombre d’enfants continuent de prendre le chemin de la rue.
A qui la faute ?
Face à ces tares de la société qui inondent notre existence, on est parfois tenté de se poser des questions. Comment en est-on arrivé à là ? A qui la faute ? D’abord aux parents par leur fuite de responsabilités. La pauvreté y est aussi pour beaucoup, tout comme la disparition de la solidarité familiale. La famille était au centre de la vie. Chaque famille était bien soudée et une vraie solidarité régnait au sein des familles si bien que chaque membre se sentait appartenir à un groupe auquel il est solidement lié. L’enfant de X ou d’Y était considéré comme l’enfant de tout le monde. Chacun avait la possibilité de le corriger s’il transgressait les bonnes manières. Mais de nos jours cette cohésion a disparu faisant place à l’individualisme. Nous sommes tous responsables. Consciemment ou inconsciemment responsables de cette dégradation, nous assistons passivement à la chute des valeurs qui enracinent notre vie. On ne tarde pas parfois à pointer un doigt accusateur sur l’évolution de nos sociétés qui entraîne un changement de mentalité. Mais si le modernisme doit produire un tel résultat ne nous sommes-nous pas trompés de voie ?
Quelle solution ?
La prise de conscience de l’ensemble des acteurs de la société est un facteur important. Le phénomène est en train de gagner du terrain. Les différentes rues des cités urbaines du Burkina connaissent une recrudescence des enfants en difficultés. Que faire alors pour réduire ce phénomène dans les grandes villes du Burkina ?
Le ministère de l’Action sociale et de la solidarité nationale, les autorités communales et la société civile appuyés par l’UNICEF doivent de toute urgence se pencher ensemble sur ce phénomène pour essayer de dégager des pistes de solution.
Ainsi, on pourrait d’abord procéder au recensement de tous les enfants de la rue puis les regrouper dans des centres sociaux appropriés afin de leur apprendre des métiers comme l’initie actuellement le SAMU International. Tout cela nécessite une volonté politique et des moyens. C’est pourquoi une chaîne de solidarité doit être initiée autour de la question par l’ensemble des Burkinabè.
Bibliographie :
L’opinion N°417 du 05 au 11 octobre 2005
L’hebdomadaire N°212 du 18 au 24 Avril 2003




